Le Mag du Canton

 |   Retour <     SOLIDARITE

JEUDI 11 JUILLET 2019

CÉRÉMONIE DU 5 JUILLET 2019

Lors de la cérémonie commémorative du Massacre d’Oran du 5 Juillet 2019, accompagné de Robert Craba et des portes-drapeaux, j’ai pris la parole afin de faire vivre la mémoire des hommes.

Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’Associations Patriotiques et leurs Porte-Drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis dans la chaleur de l’été et au cœur du cimetière d’Agde pour faire vivre la mémoire d’hommes, de femmes et d’enfants, dont les existences trouvaient tout leur sens de l’autre côté de la Méditerranée, là-bas, en Algérie. Ils étaient nés à Alger, à Oran, à Constantine, à Sidi Bel Abbès… dans ces villes de l’Afrique du Nord qu’ils ont aimées et sur les terres que leurs parents et leurs grands-parents avaient contribué à rendre moins arides. Nous sommes là pour eux.

L’histoire des hommes est jonchée de drames terribles qui éprouvent des générations entières et qui marquent dans leur chair parfois et dans leur mémoire plus souvent encore toutes celles et tous ceux qui eurent à les vivre. Mais parmi ces drames terribles il en est qui infligent – en plus des pires horreurs qui peuvent être commises par des hommes – un supplice injuste et à peine supportable : celui du silence et du déni.

Le 05 juillet 1962, l’indépendance de l’Algérie est proclamée. A Oran… le 05 juillet 1962, des hommes, des femmes et des enfants – dont on ne connait précisément ni le nombre, ni les noms – sont enlevés, tués, massacrés. Et comme si huit années d’une guerre, à laquelle on n’osait même pas faire porter son nom, n’avait pas suffi à faire souffrir toutes celles et tous ceux qui vivaient sur ce même sol, la folie humaine enleva ce jour-là la vie à des victimes innocentes aux seuls motifs qu’elles étaient européennes ou bien qu’elles étaient favorables au maintien de la présence d’européens en Algérie. Le massacre d’Oran est l’expression du pire dont sont capables les hommes. Capables pour certains de tuer afin de faire quitter leurs terres à celles et ceux qui pourtant y étaient nés, qui y avaient grandi, qui y avaient aimé, qui y avaient fondé une famille, qui y avaient travaillé, qui y avaient enterré leurs parents. Capables aussi pour d’autres de rester immobiles et sourds aux appels au secours, sourds aux cris des victimes sans défense ni aucune protection, sourds à leur conscience. Le 05 juillet 1962, il ne restait plus aux bourreaux traces d’humanité. Et il ne restait plus à leurs complices traces de dignité.

L’histoire – même lorsqu’elle est effroyable – ne peut pas et ne doit pas être réécrite. Elle ne doit pas non plus être tue. L’histoire – même lorsqu’elle est effroyable – doit être connue et enseignée avec l’espoir que l’instruction des nos enfants leur épargnera les horreurs du passé. L’histoire doit être connue et enseignée au nom du respect des victimes et de leurs familles. Le massacre d’Oran ne doit pas être un massacre oublié.

Sébastien FREY

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *